Ce qu’il est important de savoir sur le harcèlement au travail ?
Avez-vous subi des humiliations, des cris ou du harcèlement sur votre lieu de travail ? Découvrez si le harcèlement professionnel constitue un motif de plainte devant le tribunal du travail, ce que dit la jurisprudence en Israël et quelles indemnisations peuvent être obtenues.
Introduction : le harcèlement au travail – un phénomène courant aux conséquences juridiques
Les relations de travail reposent par nature sur la subordination et sur la prérogative de gestion de l’employeur. Toutefois, la frontière entre une gestion rigoureuse et le harcèlement professionnel (également connu sous le nom de « harcèlement au travail » ou « emploi abusif ») peut devenir floue.
De nombreux employés qui se trouvent victimes d’un traitement méprisant, d’humiliations ou d’ostracisme sur leur lieu de travail se demandent : le harcèlement au travail constitue-t-il un motif de plainte reconnu en Israël ? Dans les lignes qui suivent, nous examinerons la situation juridique, la jurisprudence des tribunaux du travail et les moyens d’agir pour faire valoir vos droits.
Qu’est-ce que le harcèlement professionnel ? (Définition et exemples courants)
Le harcèlement professionnel se définit comme un comportement répété et persistant dirigé contre un employé, créant pour lui un environnement de travail hostile, abusif et humiliant. Contrairement à un incident isolé de dispute ou de critique légitime, le harcèlement se caractérise par un schéma continu de préjudice.
Exemples fréquents de harcèlement sur le lieu de travail :
Cris, langage offensant et humiliations : réprimandes publiques devant des collègues ou des clients, insultes et mépris du professionnalisme de l’employé.
Mise à l’écart sociale et boycott : exclusion de l’employé des activités sociales ou professionnelles, ostracisme et ignorance délibérée.
Retrait de responsabilités et réduction du poste : attribution de tâches inférieures ne correspondant pas à la définition du poste, ou à l’inverse – vidage du poste de son contenu.
Imposition d’exigences déraisonnables : surcharge de travail excessive intentionnelle, fixation d’objectifs impossibles ou création d’obstacles dans le but de provoquer l’échec de l’employé.
Atteinte à la réputation : diffusion de rumeurs malveillantes ou diffamation de l’employé auprès de la direction et du personnel.
La situation juridique en Israël : existe-t-il une loi contre le harcèlement au travail ?
La réponse courte est non – à ce jour, il n’existe pas en Israël de loi spécifique adoptée par la Knesset concernant le harcèlement professionnel (bien que plusieurs propositions de loi contre le harcèlement au travail aient été déposées au fil des années).
Dans ce cas, comment peut-on porter plainte ? Malgré l’absence de loi spécifique, les tribunaux du travail en Israël reconnaissent pleinement le harcèlement professionnel comme motif de plainte autonome !
Sur quoi repose le motif de plainte dans la jurisprudence ?
Les tribunaux du travail ont fondé la protection juridique de l’employé sur des principes fondamentaux du droit israélien :
Obligation de bonne foi et d’équité : l’employeur a l’obligation renforcée d’agir de bonne foi et de manière acceptable envers ses employés.
Loi fondamentale : dignité et liberté de l’homme : l’obligation de protéger la dignité, la santé mentale et le bien-être de l’employé dans l’environnement de travail.
Obligation de fournir un environnement de travail sûr et respectueux : un employeur n’est pas autorisé à exposer un employé à des abus psychologiques ou à du harcèlement – qu’il s’agisse du comportement d’un supérieur ou du comportement de collègues de travail.
Quelles indemnisations peut-on obtenir dans une plainte pour harcèlement professionnel ?
Les tribunaux du travail ont l’habitude d’accorder des indemnisations pour préjudice moral, atteinte à la dignité et violation de l’obligation de bonne foi, et ce sans qu’il soit nécessaire de prouver un préjudice financier direct.
Montant des indemnisations : les montants des indemnisations accordés par le tribunal du travail se situent généralement entre plusieurs dizaines de milliers de shekels et atteignent parfois même plusieurs centaines de milliers de shekels dans les cas particulièrement graves.
Licenciement ouvrant droit à indemnisation : un employé contraint de démissionner en raison d’un harcèlement continu peut être reconnu comme ayant démissionné dans les conditions d’un licenciement (obligation d’indemnités de licenciement complètes), car il s’agit d’une détérioration tangible des conditions et de la création de circonstances dans lesquelles on ne peut exiger de lui qu’il poursuive son travail.
Comment prouver le harcèlement au travail devant le tribunal ?
Étant donné que de nombreuses atteintes psychologiques et verbales se produisent à huis clos ou de manière sophistiquée, la charge de la preuve incombe à l’employé. Afin d’établir une plainte solide, il est recommandé de suivre les étapes suivantes :
Documentation en temps réel : conservez tout courriel, message WhatsApp ou lettre contenant une manifestation de traitement abusif, de cris ou d’ostracisme.
Tenue d’un journal des incidents : notez pour chaque incident abusif la date, l’heure, le lieu, ce qui a été dit ou fait, et les noms des personnes présentes ou des témoins sur place.
Enregistrements de conversations : dans la mesure du possible et conformément à la loi (enregistrement par une personne partie à la conversation), il est recommandé d’enregistrer les conversations abusives ou les entretiens de clarification.
Recours aux instances internes : adressez-vous par écrit au service des ressources humaines (RH), au comité du personnel ou à la direction générale et signalez le traitement abusif. Ce recours démontrera que vous avez tenté de résoudre le problème par les voies acceptables.
Collecte de témoignages : s’il existe des collègues de travail qui ont été exposés au comportement abusif et sont disposés à témoigner, il s’agit d’un renforcement significatif de la plainte.
Conclusion : ne restez pas seul face à l’injustice
Le harcèlement professionnel est un phénomène abusif aux conséquences psychologiques, sanitaires et professionnelles graves. Le fait qu’aucune loi spécifique n’ait encore été adoptée sur le sujet n’empêche pas les tribunaux du travail d’accorder une réparation juridique, de protéger les employés et d’imposer des indemnisations financières significatives aux employeurs abusifs.
Si vous subissez du harcèlement ou un emploi abusif sur votre lieu de travail, il est recommandé de solliciter des conseils et une consultation juridique professionnelle auprès d’un avocat spécialisé en droit du travail, afin d’examiner les circonstances du cas, d’élaborer une stratégie appropriée et de faire valoir pleinement vos droits.







