Reconnaissance de la TVA déductible sans factures dans une taxation selon la meilleure estimation
L’administration de la TVA est-elle tenue de reconnaître une TVA déductible théorique lors de l’émission d’une taxation selon la meilleure estimation pour une entreprise n’ayant pas déclaré ? Analyse juridique complète de la loi, article 38(a) face aux articles 76–77 de la loi sur la TVA, et analyse de l’arrêt CA 55212-05-12 Loulou Laniyor Mansour c. Directeur de la TVA Tel-Aviv.
1. Introduction : collision entre substance économique et exigence formelle en droit de la TVA
L’une des questions les plus complexes et fascinantes du droit fiscal concerne la tension inhérente entre la finalité de la TVA en tant qu’impôt reflétant une « valeur ajoutée » économique et les exigences formelles pour autoriser la déduction de la TVA déductible.
La loi sur la taxe sur la valeur ajoutée, 5735-1975 (ci-après : « loi sur la TVA »), place en son centre le principe d’imposition sur l’accroissement de valeur créé par l’entreprise. En revanche, afin de prévenir la fraude fiscale et de maintenir un mécanisme de déclaration fiable, des règles strictes ont été établies dans la loi concernant la manière dont un assujetti est autorisé à déduire la TVA déductible.
La question centrale qui se pose dans les cas où l’administration fiscale émet au contribuable une taxation selon la meilleure estimation (dans les cas de non-déclaration, de tenue de livres irrégulière ou d’activité commerciale non enregistrée) est la suivante : Lors de l’évaluation de la taxe sur les transactions dissimulées par le contribuable, y a-t-il lieu de reconnaître de manière parallèle et fondée sur une estimation également la TVA déductible engagée pour générer ces transactions, même en l’absence de factures fiscales conformes ?
2. Le cadre normatif : analyse des articles pertinents de la loi sur la TVA
Pour comprendre la profondeur interprétative de la question, il convient d’examiner les dispositions de la loi qui structurent le débat :
a. Article 38(a) de la loi sur la TVA – condition préalable à la déduction de la TVA déductible
« Un assujetti est autorisé à déduire de la taxe qu’il doit la TVA déductible incluse dans une facture fiscale qui lui a été émise conformément à la loi… »
La signification juridique : Le législateur a établi une règle formelle stricte – le droit à la déduction de la TVA déductible est conditionné par la présentation d’une facture fiscale émise conformément à la loi. Sans facture, la règle de base est qu’il n’est pas possible de déduire la TVA déductible.
b. Articles 76 et 77 de la loi sur la TVA – taxation selon la meilleure estimation
Ces articles traitent du pouvoir du directeur de la TVA de déterminer le montant de la taxe due selon la meilleure estimation, lorsqu’une déclaration incomplète ou inexacte a été déposée, ou lorsqu’aucune déclaration n’a été déposée.
La signification juridique : La taxation selon la meilleure estimation est un outil constructif-théorique destiné à évaluer l’obligation fiscale de l’entreprise en l’absence de déclarations fiables. L’objectif de la taxation est de parvenir à une imposition réelle de la valeur ajoutée.
3. Les faits de l’affaire : CA (TA) 55212-05-12 Loulou Laniyor Mansour c. Directeur de la taxe sur la valeur ajoutée Tel-Aviv
L’arrêt dans l’affaire Mansour a illustré de manière aiguë le dilemme juridique en question.
a. Le cadre factuel
L’activité commerciale : Le directeur de la TVA a émis une taxation selon la meilleure estimation concernant l’activité d’une « entreprise » (maison close) exploitée rue Hamasger à Tel-Aviv, qui n’avait pas été déclarée aux autorités fiscales.
Calcul de la taxe sur les transactions : L’administration fiscale a déterminé la taxe sur les transactions dissimulées sur la base d’un calcul théorique-estimatif : calcul du nombre de chambres dans le bâtiment, du nombre d’équipes par jour et du prix moyen du service au client.
b. La question juridique
Argument de la contribuable : Dans la mesure où le directeur de la TVA détermine la taxe sur les transactions sur la base d’un calcul théorique et estimatif, il est tenu d’inclure dans le calcul également la TVA déductible théorique liée à l’exploitation de l’entreprise – telles que les dépenses de location, de blanchisserie, de publicité, de sécurité et autres dépenses connexes.
Position du directeur de la TVA : Conformément à l’article 38(a) de la loi, il n’y a pas lieu de reconnaître les charges déductibles en l’absence de factures fiscales émises conformément à la loi.
4. Analyse juridique : les approches interprétatives dans la jurisprudence et la doctrine
Cette question présente un débat interprétatif approfondi tant dans la jurisprudence que dans la doctrine :
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│ מחלוקת פרשנית בשומה לפי מיטב השפיטה │
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│ הגישה התיאורטית-כלכלית │ │ הגישה הדווקנית-צורנית │
│ (סעיפים 76-77 לחוק) │ │ (סעיף 38(א) לחוק) │
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│ שומה צריכה לשקף את הערך │ │ ניכוי תשומות מותנה │
│ המוסף הממשי. כשם שקובעים │ │ בהצגת חשבוניות מס כדין │
│ עסקאות בהערכה, יש להכיר │ │ בלבד; אין מקום להערכה │
│ בתשומות תיאורטיות. │ │ תיאורטית בהיעדר תיעוד. │
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L’approche théorique-économique (imposition réelle) : Une taxation selon la meilleure estimation est une construction théorique censée refléter la « valeur ajoutée » réelle de l’entreprise. Étant donné que le directeur de la TVA dérive la taxe sur les transactions d’une estimation et non de documents concrets, il est équitable qu’au même niveau d’équité fiscale soient également reconnues les charges déductibles théoriques nécessaires à la production de ces transactions.
L’approche stricte-formelle (protection du Trésor public) : L’article 38(a) de la loi sur la TVA est un article explicite qui ne se prête pas à deux interprétations : la déduction concrète de la TVA déductible nécessite une facture fiscale émise conformément à la loi. Autoriser une déduction théorique pourrait encourager la non-déclaration et la tenue de livres irrégulière.
5. La décision du tribunal et la conclusion
Dans l’arrêt de l’affaire Mansour (CA 55212-05-12), le tribunal de district a examiné les différentes approches et est parvenu au résultat juridique suivant :
Au niveau des principes : Le tribunal a établi que le droit de principe à la déduction de charges déductibles théoriques n’est pas exclu dans le cadre d’une taxation selon la meilleure estimation.
Au niveau de l’application : Dans les circonstances du cas spécifique, il a été établi que la contribuable n’était pas tenue à une déduction théorique pure, car le tribunal a reconnu les charges déductibles incluses dans les factures présentées par la contribuable en pratique – bien qu’elle n’ait pas été enregistrée comme assujettie autorisée aux fins de la TVA à la date pertinente.
6. Implications pratiques et stratégie juridique pour les contribuables
Cette jurisprudence et la situation juridique actuelle ont des implications majeures pour les entreprises et les contribuables engagés dans des procédures de taxation ou de réclamation face à l’administration fiscale :
| Sujet | Signification stratégique | Recommandation pratique |
| Non-enregistrement / tenue de livres | Le non-enregistrement en tant qu’assujetti n’est pas un refus automatique du droit de déduire la TVA déductible pour les factures existantes. | Il convient de collecter et de conserver toute facture fiscale ou justificatif attestant des dépenses supportées par l’entreprise. |
| Procédures de taxation selon la meilleure estimation | L’administration fiscale ne peut déterminer des transactions théoriques et ignorer totalement la structure économique de l’entreprise. | Lors du dépôt d’une réclamation, il convient de présenter un calcul économique contradictoire détaillant les charges déductibles nécessaires à la production du chiffre d’affaires estimé. |
| Conduite de négociations et réclamations | Il existe une marge de manœuvre interprétative entre l’article 38(a) et les articles 76–77. | Il est recommandé de recourir à un accompagnement juridique expérimenté en matière fiscale afin de présenter des alternatives de calcul et de réduire la taxation. |
7. Conclusion et rôle du conseil juridique
La question de la reconnaissance de la TVA déductible sans factures dans une taxation selon la meilleure estimation est un exemple frappant de la complexité qui caractérise le droit fiscal en Israël. La jurisprudence montre que même dans des cas complexes – et même lorsqu’il s’agit d’entreprises qui n’ont pas été enregistrées conformément à la loi – le contribuable conserve des droits juridiques et des arguments de fond fondés sur le principe d’imposition réelle.
Cabinet Cantor et Associés – Avocats et Notaires se spécialise dans les contentieux civils et pénaux en matière fiscale, dans la représentation des contribuables face au directeur de la TVA et à l’administration fiscale, et dans le dépôt de réclamations et d’appels de taxation devant les tribunaux.
Le contenu présenté dans cet article est destiné à fournir des informations générales et informatives uniquement et ne constitue pas un conseil juridique ou un avis professionnel. Chaque cas présente des circonstances uniques nécessitant d’examiner le cadre factuel et juridique de manière individuelle.







