Beit Kinor David, 12 rue Yitzhak Ben-Zvi

La Cour suprême dans CA 1886/97 a donné une réponse affirmative à cette question. Cas : Mardochée a signé un chèque et l’a remis à Haman sans remplir le nom du bénéficiaire. Haman a inscrit le nom d’Esther sur le chèque et le lui a remis en échange de marchandises qu’il avait reçues d’elle. Esther a présenté le chèque au paiement, mais celui-ci a été refusé car Mardochée l’avait annulé. Esther a intenté une action contre Mardochée, qui a soutenu qu’Haman l’avait trompé et qu’il n’était donc pas tenu d’honorer le chèque. Esther dispose-t-elle d’une protection en vertu du statut de détenteur régulier ? Analyse : l’ordonnance sur les effets de commerce stipule qu’une condition pour être détenteur régulier est l’éloignement juridique entre le propriétaire du chèque et le détenteur régulier. Selon cette condition, le bénéficiaire, en apparence, ne pourrait pas obtenir le statut de détenteur régulier. La Cour a établi que l’éloignement ou la proximité ne sont pas déterminés par la forme de l’effet, mais par la nature de la relation entre les parties. Mardochée et Esther seront considérés comme des parties éloignées à l’effet si leurs relations juridiques en tant que parties à l’effet ne découlent pas d’un lien juridique direct entre eux, mais d’un lien juridique avec d’autres – dans ce cas, Haman (le méchant ?). Dans le cas présent, il n’existe aucun lien juridique entre Mardochée et Esther. Le lien existe entre Mardochée et Haman, et un autre lien entre Haman et Esther. Par conséquent, juridiquement, Mardochée et Esther peuvent être des parties éloignées et Esther peut obtenir le statut de détenteur régulier.

Il est important de souligner qu’une condition pour qu’Esther obtienne le statut de détenteur régulier est le fait que l’effet lui a été remis par Haman alors que son nom y était déjà inscrit. Si Haman avait remis à Esther le document en question sans son nom, il ne se serait pas agi d’un effet de commerce, mais d’un simple document. Cette situation aurait privé Esther de son statut de détenteur régulier. Voir à ce sujet CA 2010/05 Shahaf c. Feldman, où le statut de détenteur régulier a été refusé au détenteur de l’effet car il avait lui-même complété son nom en tant que bénéficiaire sur l’effet.